Silvia MONFORT
(1923-1991) a d’abord été
résistante aux côtés de
Maurice CLAVEL. Ils ont libéré
Chartres et l’Eure-et-Loir, ce qui leur
a valu de recevoir la Croix de Guerre des
mains du Général de Gaulle et
la Brown Star Medal de celles du Général
Patton. Dès la Libération, elle
débute au théâtre et est
révélée au grand public
en 1946 par la pièce et le film de
Jean COCTEAU, L’aigle à deux
têtes, avec Edwige Feuillère
et Jean Marais. Elle a écrit 6 romans,
joué au théâtre, au cinéma
et à la télévision, des
auteurs aussi divers que Sophocle et Ionesco,
en passant par tous les grands classiques.
Elle a participé au premier Festival
d’Avignon et joué Le Cid
avec Gérard Philipe, Cinna
avec Jean Vilar, Le mariage de Figaro
avec Daniel Sorano. Elle a interprété
le rôle de Phèdre dans
5 mises en scène différentes
(4 au théâtre et une à
la télévision). Ce personnage
et celui d’Electre qu’elle
mit en scène et joua notamment aux
Tréteaux de France restent inoubliables
pour ceux qui les ont vus. Elle a dirigé
successivement le Carré Thorigny, le
Nouveau Carré, et le Carré Silvia
Monfort. Elle a conçu avec l’architecte
Claude Parent ce qui est devenu, quelques
mois après sa mort, le Théâtre
Silvia Monfort.
Trois théâtres et un
lycée portent son nom. Une plaque a été
apposée sur sa maison natale, 11 bis rue
Elzévir, 75003 Paris. Le Dictionnaire Le
Robert lui a consacré un article dans son
édition 2008 (parution été
2007). Sur une idée qu’elle avait eue
mais n’avait pas eu le temps de réaliser,
son mari, Pierre Gruneberg, a chargé Danielle
Netter d’organiser tous les deux ans le PRIX
SILVIA MONFORT, qui découvre et récompense
de jeunes tragédiennes.
Lectures dans divers lieux culturels
: bibliothèques, cafés littéraires,
librairies, mairies, théâtres. Convient
aux festivals de correspondance.
Le Figaro Magazine : La tragédienne
qui aimait le bonheur
…Pierre téléphonait
cinq fois par jour à Silvia, qui lui écrivit
peut-être 2000 lettres ; il en reste 1700
: c’est parmi elles que Danielle Netter, amie
et collaboratrice de Silvia pendant toutes ces années,
a choisi les plus émouvantes pour composer
ce livre singulier. Dans ce duo d’amour à
une seule voix, on entend battre deux cœurs,
raisonner deux têtes. Il y a dix, vingt, trente
ans, l’amour se parlait, certes, mais il s’écrivait
encore. Où serait aujourd’hui l’amour
de Pierre et de Silvia ? Perdu dans quelque effacement
accidentel d’une mémoire d’ordinateur
?... (François NOURISSIER de l’Académie
Goncourt)
Le Masque et la Plume
…C’est une des plus
belles choses que j’aie lues sur le théâtre
et la pratique du théâtre, l’enthousiasme
du théâtre… (Jérôme
GARCIN)
Le Nouvel Observateur
… Je vous conseille un livre
qui est signé d’une actrice blonde
au tempérament volcanique. La comédienne
léonine qui a écrit ces ardentes missives
d’appelait Silvia Monfort. Elle aima le théâtre
comme on aime un homme – passionnément.
Elle aima Pierre Gruneberg comme on aime le théâtre
– en confondant le réel et l’imaginaire.
Ces 1700 lettres forment un journal intime, amoureux
et postal, rédigé par un aigle à
deux têtes (car elle était aussi romancière).
Elle fait sienne la devise d’Apollinaire :
Tout terriblement. C’est dire combien elle
manque. (Jérôme GARCIN)
Parutions. com
Griffonnés sur le coin d’une
nappe, au dos d’un programme de théâtre
ou sur du papier à en-tête d’un
hôtel, les lettres et mots d’amour de
la comédienne et écrivain Silvia Monfort
à l’adresse de son époux Pierre
Gruneberg s’enchaînent quotidiennement,
voire plusieurs fois par jour. Lettres à
Pierre est un recueil de ce courrier sur 26 ans,
de 1965 à 1991, réuni par Danielle
Netter, amie de Silvia et son assistante à
la mise en scène… Actrice populaire
bien qu’exigeante, sa renommée et son
passé de résistante lui valaient pourtant
d’être souvent abordée par des
admirateurs, même dans des villages de campagne.
On découvre une travailleuse acharnée,
sur les planches ou sur ses romans, reprenant sans
cesse et enchaînant des journées de
14 heures. A travers les lettres transperce l’énergie
colossale d’une femme qui se battait inlassablement
pour sa passion, envers et contre tout, surtout
envers une santé toujours plus fragile…
…L’existence de cet ouvrage permet de
reparler de cette comédienne de talent qui
apporte une pierre essentielle dans l’histoire
du théâtre, en continuité de
l’esprit de Jean Vilar.
Céline JAC
Effeuillage littéraire
Cette correspondance amoureuse superbe
est aussi un témoignage, celui d’une
de nos plus grandes actrices qui s’est battue
pour que vive le grand théâtre classique
et les auteurs contemporains. Le monde artistique,
politique, culturel, habite ces lettres qui se devaient
d’être publiées. C’était
au temps où les gens qui s’aimaient
s’écrivaient en prenant le temps de
se le dire avec de vrais mots dans cette belle langue
française qui se meurt : faute d’amour
et… de combattants !
Arts d’Azur